Gnohéré : "J'aimerais bien revenir en Belgique pour montrer à certains que j'ai le niveau"

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Harlem "Eddy" Gnohere fait son trou en Roumanie après avoir été jugé trop juste pour la D1 Belge. Un sentiment de revanche l’habite et il aimerait revenir à Charleroi pour finir ce qu’il devait faire. Il était l'invité de Complètement Foot ce dimanche.


Après cinq années passées en Belgique, Bison a pris la direction de la Roumanie en 2015. "Ces dernières saisons, tout ce qu’il se passe pour moi est vraiment formidable. Quand j’étais en Belgique, j’avais l’étiquette d’un joueur de deuxième division parce que je marquais beaucoup en deuxième division. Et c’était compliqué à ce niveau-là. Quand j’ai eu la chance de pouvoir évoluer à un échelon supérieur en Roumanie, je l’ai saisie. Aujourd’hui tout se passe pour le mieux."

Qu’est-ce que ça lui a fait de marquer le but de la victoire face à Lazio ?

Gnohéré est revenu sous la lumière des projecteurs la semaine dernière en marquant le but de la victoire du Steaua en Europa League face à la Lazio. "Pour le moment, je ne réalise pas encore parce que ça a été tellement vite. Tout ce qu’il se passe en ce moment va aussi super vite. C’est ma première saison à 29 ans où je joue une Coupe d’Europe. Et c’est quelque chose de vraiment formidable. Maintenant, avoir marqué contre la Lazio, contre des joueurs avec lesquels j’ai joué à la PlayStation il n’y a pas si longtemps que ça et que je regardais aussi à la télé, c’est vrai que ça fait vraiment plaisir. Mais bon pour l’instant, je ne réalise pas."

L'aventure belge de Gnohéré ne s'est pas bien terminée. Emporté par la faillite de l'Albert, il a dû rebondir. "Je ne voulais pas mettre un terme à ma carrière. J’avais fait une bonne saison à Mons, j’avais marqué 12 buts les six premiers mois. Tout allait bien. Il y avait eu une proposition d’OHL qui visait la montée en première division. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Après, il y a eu des contacts avec des clubs chinois aussi. A partir de ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait que je trouve quelque chose pour m’en sortir parce que j’ai ma famille. Quand j’ai eu l’appel d’un club roumain, Petrolul, je suis parti voirPierre François et je lui ai demandé de me laisser partir parce qu’on ne nous payait plus. Il n’a pas voulu. Je ne jouais plus en plus, mais il n’a pas voulu me laisser partir. A ce moment-là, c’était vraiment difficile. A la faillite complète de Mons, j’étais "libéré" parce que je pouvais signer ou je voulais. Et j’ai pu signer au Dinamo Bucarest."

En Roumanie, il s'impose rapidement. En 59 matches, il inscrit 24 buts et attire les recruteurs du Steaua ... le grand rival du Dinamo. "Les supporters du Dinamo m’en veulent énormément d’être parti dans le club rival du Steaua parce que j’étais à six mois de la fin de mon contrat. Les propositions que j’ai pu avoir avec le Dinamo étaient vraiment misérables. Donc j’ai préféré aller dans le club rival. Ma priorité, c’était de jouer la Coupe d’Europe, parce que je ne l’avais jamais jouée. C’est ça que je voulais goûter. Quand j’étais à Charleroi je n’avais pas la possibilité de la jouer parce qu’on jouait souvent le maintien. Et là, j’ai eu une demande d’un club qui joue chaque année l’Europa League ou la Champions League, je n’ai pas hésité un seul moment."

Porter le maillot Steaua, cela représente évidemment une certaine pression. "Nous on la sent véritablement parce que notre président nous le fait comprendre chaque week-end. C’est clair que c’est un poids difficile, mais ça marche super bien pour moi parce que je suis en confiance, je marque (17 buts déjà cette saison, ndlr). Pour l’instant, il n’y a rien à me reprocher, mais quand on fait des mauvaises performances, on le ressent directement. La ferveur des supporters, c’est vraiment extraordinaire. Mais quand tu es dans une mauvaise posture, c’est aussi dangereux."

Le truc le plus dingue qu’il ait vu en Roumanie ? "Pour l’instant, ce sont les derbys. Il y a toujours du monde. Le premier match que j’ai fait au Dinamo, je ne me rendais pas compte. Avant, les supporters venaient aux entrainements "pour nous mettre la pression" parce que ça faisait vraiment longtemps qu’ils n’avaient pas gagné contre le Steaua. Quand on est arrivé au Stade, c’est là que j’ai vu l’ampleur des choses. C’est vraiment quelque chose d’impressionnant."

A 29 ans, Harlem Gnohéré a encore quelques belles années devant lui. Des rêves de titres, mais aussi l'envie de revenir à Charleroi. "J’espère faire un bon résultat à Rome et me qualifier, puis terminer champion avec le Steaua. Ce serait formidable. Je n’ai pas encore eu de trophée depuis que je suis en Roumanie, j’aimerais bien avoir un trophée ici. Pour la suite, on verra bien ce qu’il arrive. Si je continue à performer comme ça, il peut y avoir de bonnes choses, tout ça ne tient qu’à moi maintenant.

"Je suis quelqu’un de revanchard. J’aimerais bien revenir en Belgique pour montrer à certaines personnes que j’ai le niveau pour jouer en première division. Quand j’étais à Charleroi, je n’ai peut-être pas fait les efforts nécessaires pour pouvoir m’imposer. J’étais peut-être jeune aussi, je ne remets la faute sur personne, mais j’ai envie de revenir pour leur prouver que je peux jouer en première division en Belgique. Dans une interview, j’ai dit que Charleroi c’est quelque chose qui est en moi. Je suis toujours là-bas, ma famille habite là-bas, donc si Charleroi fait une proposition, j’y serai vraiment ouvert. Je n’ai pas fini ce que je devais faire là-bas, donc ça serait avec grand plaisir."  



RTBF

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